Une faible productivité, un endettement élevé des ménages, une faible accessibilité au logement et une forte exposition aux risques climatiques physiques figurent parmi les principaux défis structurels de l’économie canadienne, selon l’OCDE dans son Enquête économique 2025 sur le Canada.
Le rapport montre aussi comment les facteurs environnementaux (E), le bien-être social (S) et une gouvernance efficace (G) s’entrecroisent à travers la question du logement.L’accessibilité au logement est devenue un enjeu central pour les Canadiens d’un océan à l’autre, les populations vulnérables étant confrontées aux « besoins en logement les plus urgents ». Les causes se trouvent à la fois du côté de la demande et de l’offre.
Du côté de la demande, l’une des explications avancées par les économistes est l’augmentation rapide de la population canadienne, en particulier parmi les résidents non permanents, qui n’a pas été suivie par une hausse équivalente de l’offre de logements. La population du Canada a crû de 3,0 % en 2023 et de 2,6 % en 2024, plus rapidement qu’aux États-Unis et en Europe. Cela a conduit le gouvernement canadien à mettre en place des mesures pour limiter ce type d’immigration, y compris les admissions de résidents non permanents. Du côté de l’offre, le nouveau premier ministre du Canada, Mark Carney, a fait campagne sur une promesse de doubler le rythme de construction de logements.
Les catastrophes climatiques ne font qu’aggraver les difficultés liées au logement, comme l’illustrent les ordres d’évacuation liés aux feux de forêt qui ravagent actuellement le Manitoba et la Saskatchewan.
Alors que les feux de forêt occupent l’actualité, les inondations demeurent la catastrophe naturelle la plus courante et la plus coûteuse au Canada, avec des coûts appelés à augmenter.
La hausse des températures et la multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes se sont traduites par des pertes assurées moyennes de 2,3 milliards CAD par an entre 2011 et 2020, soit plus de cinq fois la moyenne enregistrée entre 1983 et 2000. Ce sont des risques financiers matériels.
Les dégâts ne se limitent pas aux logements et aux bâtiments : les infrastructures essentielles — systèmes d’eau, transports, réseaux énergétiques — sont également touchées. Répondre à cette intersection complexe entre défis environnementaux (E) et sociaux (S) exige une gouvernance robuste (G).
Le rapport de l’OCDE appelle à un passage d’une approche réactive face aux catastrophes à une stratégie de prévention et d’investissement dans des infrastructures résilientes au climat (G/E/S).
Comment les recommandations de l’OCDE relient E, S et G
Voici comment les recommandations du rapport illustrent la nécessité d’une résolution intégrée des problèmes
- Investir dans des logements et infrastructures résilients au climat :
Cela implique un soutien gouvernemental pour des infrastructures capables de résister aux inondations, feux de forêt et autres événements climatiques extrêmes. Cela suppose aussi d’intégrer l’adaptation climatique dans les codes du bâtiment et d’améliorer les normes de performance énergétique. Ces investissements, soutenus par des politiques publiques et des financements, renforcent la résilience et contribuent à bâtir des communautés plus durables. - Améliorer la sensibilisation et la divulgation des risques climatiques
Le manque de sensibilisation du public constitue un frein majeur à l’adaptation. La gouvernance peut jouer un rôle, par exemple à travers l’obligation de divulguer les risques climatiques lors des ventes immobilières. Cette action publique fournit une information essentielle permettant aux particuliers et aux entreprises de prendre des décisions éclairées et d’encourager l’adaptation au niveau local.
« La majorité des personnes vivant dans des zones à haut risque d’inondation ignorent les risques qu’elles encourent. » (Enquêtes économiques de l’OCDE : Canada 2025).
- Renforcer l’assurance et la résilience financière
Le rapport recommande d’améliorer la disponibilité et le partage des risques liés à l’assurance contre les inondations, en envisageant par exemple un mécanisme fédéral de réassurance. Une gouvernance efficace dans ce domaine rendrait l’assurance plus accessible dans les zones exposées aux risques environnementaux, réduisant ainsi la charge financière des ménages et des finances publiques. Associer ces initiatives à des incitations fortes pour réduire les risques est essentiel afin de garantir la durabilité et l’accessibilité du secteur de l’assurance. - Intégrer les risques climatiques dans l’aménagement du territoire
Éviter le développement foncier dans les zones à haut risque d’inondation est une mesure clé de gouvernance qui réduit directement l’exposition sociale aux aléas environnementaux. Dans certains cas, cela peut même nécessiter un retrait planifié des zones à risque, un processus social complexe qui doit être encadré par une gouvernance solide.
Astuce communication
Les recommandations de l’OCDE soulignent que la résilience économique du Canada dépend de sa capacité à gérer efficacement l’interaction entre ses vulnérabilités environnementales et ses défis sociaux, en particulier dans le secteur du logement.
Pour les communicants — qu’ils s’adressent au nom du gouvernement ou du secteur privé — cela signifie que segmenter systématiquement les facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance peut mener à des silos qui empêchent les publics de comprendre clairement les avantages des politiques et des investissements publics ou privés.
Si les obligations de divulgation poussent vers une approche segmentée, l’éducation et le leadership éclairé peuvent aider les publics à relier les points et à mieux comprendre les bénéfices concrets.
