La Banque du Canada (BdC) a abaissé mercredi son taux directeur de 25 points de base, à 2,50 %. Cette décision, qui a fait l’objet d’un « consensus clair » au sein du Conseil de direction, a été motivée par un affaiblissement de l’économie et une diminution des risques à la hausse entourant l’inflation.
La communication de la BdC suggère que la porte reste ouverte à de nouvelles baisses de taux, même si elle procède avec prudence et se montre « moins tournée vers l’avenir que d’habitude ». Le gouverneur Tiff Macklem a déclaré que si les risques s’accentuaient, la Banque est « prête à réagir à de nouveaux renseignements.», en insistant sur une approche « réunion par réunion ».
Si les risques s’accentuent, nous sommes prêts à intervenir davantage, mais nous allons procéder réunion par réunion.
Gouverneur de la BdC, Tiff Macklemnor Tiff Macklem
Pourquoi la BdC a-t-elle changé d’avis depuis le 30 juillet ?
Un consensus « clair » s’est dégagé pour réduire les taux lors de la réunion du 17 septembre. Macklem a souligné plusieurs évolutions clés depuis le 30 juillet qui ont modifié l’équilibre des risques, justifiant la baisse : le marché du travail canadien s’est encore affaibli, les données récentes suggèrent que les pressions haussières sur l’inflation sous-jacente se sont atténuées, et la levée par le Canada de la plupart des tarifs de représailles réduit les risques inflationnistes futurs.

Source: Y Perspective, Statistique Canada
Bien que certaines mesures de l’inflation fondamentale restent proches de 3 %, la dynamique mensuelle haussière s’est dissipée et l’inflation sous-jacente est estimée à environ 2,5 %. L’économie canadienne s’est contractée de 1,6 % au deuxième trimestre et le marché de l’emploi s’est détérioré, le taux de chômage ayant atteint 7,1 % — son plus haut niveau depuis mai 2016, hors années de pandémie (2020 et 2021).
Lors de cette décision, le consensus était clair : réduire le taux directeur pour la première fois depuis mars. Gouverneur de la BdC, Tiff Macklem
Le taux directeur de 2,50 % demeure dans la fourchette neutre nominale de 2,25 % à 3,25 %.
Que surveillera la BdC ?
L’approche prudente et dépendante des données de la BdC souligne que les futures décisions de politique monétaire dépendront des nouvelles données économiques et de l’évaluation continue des risques et incertitudes, en particulier celles liées aux tensions commerciales mondiales.e tensions.
La banque centrale évaluera de près l’évolution des exportations, les effets de contagion sur l’investissement des entreprises, l’emploi et les dépenses des ménages, la transmission des coûts des perturbations commerciales aux consommateurs, ainsi que l’évolution des anticipations d’inflation.
Dépôt du budget fédéral après la réunion d’octobre de la BdC
Une date à surveiller sera le 4 novembre, lorsque le gouvernement fédéral déposera le budget 2025.
Macklem a précisé que la Banque évaluera les implications pour les perspectives économiques et inflationnistes du Canada, et, en définitive, pour la trajectoire des taux d’intérêt.
Toutefois, cette information ne sera pas disponible d’ici la réunion de la BdC du 29 octobre. Cela dit, des fuites surviennent souvent concernant le budget, et les évaluations et commentaires actuels pointent vers des déficits plus élevés que les estimations actuelles.
L’économiste parlementaire intérimaire Jason Jacques a déclaré qu’il ne savait même pas si le gouvernement dispose actuellement d’ancrages budgétaires, bien que le premier ministre Mark Carney ait affirmé peu après que son gouvernement en avait un.
Le Bureau du directeur parlementaire du budget estime le déficit du gouvernement pour 2024–2025 à 46,0 milliards $ (1,5 % du PIB). Il prévoit également que le gouvernement fédéral dépense 159 milliards $ en infrastructures entre 2025-2026 et 2029-2030, sans tenir compte de l’objectif révisé de dépenses de l’OTAN à 5 %.
Le gouvernement Carney a signalé son intention de réduire la taille de la fonction publique, au moins en partie par attrition. Toutefois, Jacques (DPB) a indiqué dans une entrevue à CTV que l’attrition n’aiderait en rien, ou très peu, à réduire les déficits.
Pour l’ordre de grandeur que vous envisagez, il est hautement improbable que vous puissiez combler un déficit ou atteindre un chiffre aussi important sans toucher aux coûts liés au personnel, donc sans une certaine réduction ou des changements substantiels dans la composition de la fonction publique.
— Jason Jacques, directeur parlementaire du budget (intérim)
Des temps très intéressants pour les affaires publiques. Restez à l’écoute pour les prochaines mises à jour !
