|

Budget fédéral 2025-2026 : déficit prévu de 78 G$; émissions obligataires de 316 G$; ratio dette-PIB à 42,4 %

La Banque du Canada avait renvoyé la balle au gouvernement lorsqu’elle a souligné que la nature structurelle des dommages économiques causés par les tensions commerciales « limite le rôle que la politique monétaire peut jouer ».

Aujourd’hui, c’était au tour de la politique budgétaire de répondre.

Le premier budget du premier ministre Mark Carney prévoit un déficit de 78,3 milliards de dollars pour l’exercice 2025-2026, soit beaucoup plus que les 42,2 milliards annoncés dans l’Énoncé économique de l’automne 2024 (ÉEA), mais conforme aux attentes des experts. Ce déficit représente plus du double de celui de l’exercice précédent (36,3 milliards).

Dans son document de 559 pages, le ministère des Finances décrit son approche comme suit :

« La nouvelle approche du gouvernement pour un Canada fort, axée sur des investissements à fort impact tout en renforçant la discipline budgétaire par la réduction des dépenses courantes, contribuera à préserver l’avantage fiscal du pays à long terme. »

Aperçu du budget

En résumé : les prévisions de croissance ont été révisées à la baisse par rapport à l’ÉEA 2024, tandis que les projections de déficit et de dette augmentent.

Au Canada, les hypothèses économiques sous-jacentes au budget reposent sur le consensus du secteur privé, qui anticipe une croissance du PIB réel de 1,1 % cette année et de 1,2 % en 2026 — moins qu’au moment de l’ÉEA 2024.
Les prévisionnistes s’attendent à ce que la Banque du Canada maintienne son taux directeur à 2,25 % jusqu’en 2026.

Ces prévisions de croissance sont proches de celles de la Banque du Canada : 1,2 % en 2025 et 1,1 % en 2026.

Article content

Narratif du gouvernement : ce n’est pas le “combien”, mais le “pourquoi”

Le gouvernement cherche à déplacer le débat du « combien » il emprunte vers « pourquoi » il emprunte, justifiant les déficits actuels comme des « investissements générationnels ».

Le budget se présente comme une « feuille de route pour dépenser moins afin d’investir davantage ».

Émissions obligataires

Les émissions brutes de titres à long terme devraient atteindre 316 milliards $ en 2025-2026, soit une hausse de 75 milliards $ par rapport à 2024-2025, avant de reculer à 289 milliards $ en 2026-2027.

Le plafond annuel des obligations hypothécaires du Canada (OHC) passera de 60 milliards $ à 80 milliards $ à compter de 2026, l’augmentation visant exclusivement les logements multirésidentiels. À ce propos, vous pouvez consulter une récente analyse du Directeur parlementaire du budget (DPB). Le gouvernement précise qu’il maintiendra son rythme actuel d’achats d’OHC jusqu’à 30 milliards $ par an afin de laisser le marché privé profiter pleinement de l’émission additionnelle.

Le gouvernement envisage aussi de développer un cadre d’obligations durables permettant l’émission d’obligations vertes et de transition alignées sur une taxonomie canadienne des investissements durables.

À noter : la Banque du Canada a observé, dans son Sommaire des consultations sur la Stratégie de gestion de la dette
menées à l’automne 2025
que les investisseurs institutionnels intégrant les critères ESG dans leurs décisions sont moins enclins qu’avant à payer une “prime verte” à l’émission.

Autorisation d’emprunt

Pour soutenir l’augmentation des investissements, le budget 2025 propose de modifier la Loi sur l’autorisation d’emprunt afin de relever le plafond maximal de 2 126 milliards $ à 2 541 milliards $.

Sur les obligations vertes du gouvernement du Canada, la Banque du Canada ajoute :

« Les investisseurs institutionnels sans mandat vert explicite hésitent à payer une prime pour ces titres. »

En parlant de vert.

Stratégie de compétitivité climatique

  • Le plafond des émissions du pétrole et du gaz ne serait plus requis si certaines conditions sont respectées.
  • Le prix du carbone industriel demeure un pilier central de la stratégie.
  • Le gouvernement développera une trajectoire pluri-décennale du prix du carbone industriel menant à la carboneutralité d’ici 2050.

Investissements en capital : 280 G$ sur cinq ans

  • Infrastructures : 115 G$
  • Productivité et compétitivité : 110 G$
  • Défense et sécurité : 30 G$
  • Logement : 25 G$

Réductions dans la fonction publique

Dans le cadre de l’approche « dépenser moins pour investir plus », le gouvernement vise à réduire la taille de la fonction publique.

  • L’Examen complet des dépenses prévoit une réduction de 16 000 équivalents temps plein.
  • Globalement, la population de la fonction publique devrait diminuer d’environ 40 000 postes (-10 %), passant d’un sommet d’environ 368 000 ETP en 2023-2024 à 330 000 d’ici 2028-2029.

Nouvelle législation sur les stablecoins

Une loi sur les cryptoactifs stables (stablecoins) encadrera les émetteurs adossés à des monnaies fiduciaires non réglementés par les autorités prudentielles.
Les émetteurs devront maintenir des réserves d’actifs, des politiques de rachat et des mécanismes de sécurité adéquats.
La Banque du Canada en assurera la surveillance.

Diversification des marchés au-delà des États-Unis

Plusieurs programmes visent à diversifier les exportations canadiennes, notamment par des mesures de marketing et de soutien commercial.

Stratégie de diversification du commerce

  • Renforcement du programme CanExport : 68,5 M$ sur 4 ans (à partir de 2026-2027)
  • Programme Agri-marketing : 75 M$ sur 5 ans (à partir de 2026-2027)
  • Bureau des exportations stratégiques (Affaires mondiales Canada) : création d’un pipeline d’occasions internationales et planification proactive d’engagements de haut niveau pour lever les obstacles à l’exportation.
  • Connexions commerciales internationales : 8 M$ sur 4 ans à Affaires mondiales Canada pour renforcer les liens avec l’Europe.
  • Mécanisme de financement du commerce : EDC lancera une enveloppe concessionnelle de 2 G$ pour encourager les partenaires étrangers – surtout en Indo-Pacifique – à acheter des produits canadiens.
    EDC vise aussi à augmenter de 25 G$ le total de ses activités d’ici 2030.
  • Fonds pour les corridors de diversification du commerce : 5 G$ sur 7 ans.

Objectif ultime : doubler les exportations canadiennes hors États-Unis au cours de la prochaine décennie, pour un gain estimé de 300 G$ en échanges commerciaux.

Et maintenant ?

Au Canada, le vote sur le budget est un vote de confiance.
Soit le budget est adopté, auquel cas sa mise en œuvre débute; soit le gouvernement minoritaire échoue à obtenir l’appui nécessaire, et des élections seraient déclenchées… encore une fois.

Souhaitez-vous que je reformule cette traduction pour un format LinkedIn plus synthétique (avec sections “Pour les marchés”, “Pour la finance durable”, “Pour les communications publiques” et une accroche éditoriale typique de The Y Perspective) ?

Similar Posts