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Fierté, stress et perception: le sondage auprès des fonctionnaires fédéraux de 2024 offre des pistes pour la gestion de la réputation

Les professionnels des affaires publiques et des relations publiques travaillant au sein du gouvernement fédéral peuvent tirer parti des résultats du Sondage auprès des fonctionnaires fédéraux du Canada 2024 (SAFF) pour orienter stratégiquement leurs actions. Le SAFF fournit des informations essentielles sur les perceptions des employés, qui influencent directement la réputation externe du gouvernement en tant que prestataire de services et employeur.

Le bon: fierté et satisfaction

Une vaste majorité de fonctionnaires fédéraux canadiens – 82 % – expriment de la fierté à l’égard de leur travail, et 77 % se disent satisfaits de leur emploi. De plus, 67 % se sentent valorisés au travail, ce qui représente un bassin important d’ambassadeurs potentiels à mobiliser.

C’est un terrain fertile pour l’engagement des employés et la construction d’une image publique positive de la fonction publique fédérale. Cela revêt une importance particulière dans un contexte où la confiance du public envers le gouvernement s’érode dans les économies occidentales.

Le moins bon : stress, manque de confiance envers la haute direction et tendances à la baisse

Lorsqu’on observe les tendances, les statistiques sur la fierté, la satisfaction au travail et le sentiment de valorisation montrent un revers : 86 % des répondants se disaient fiers en 2020, 83 % aimaient leur emploi et 71 % se sentaient valorisés, des niveaux supérieurs à ceux observés en 2024.

À noter que pour les 67 % qui se sentent valorisés, 1 sur 5 (20 %) ne se sent pas valorisé au travail, contre 16 % en 2020.

Il y a aussi le stress : 1 fonctionnaire fédéral sur 4 (24 %) déclare vivre du stress au travail. Parmi les sources de stress, 2 sur 3 (67 %) évoquent un manque de clarté dans les attentes.

Il convient de rappeler que l’enquête a été réalisée au quatrième trimestre 2024, avant la guerre tarifaire et le renforcement des efforts visant à accroître l’efficacité du secteur public.

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Perception de la haute direction : points faibles

En ce qui concerne la perception de la haute direction, plusieurs éléments suscitent des préoccupations

  • Seuls 55 % des fonctionnaires fédéraux disent avoir confiance en la haute direction, contre 64 % en 2022 et 68 % en 2020. Ces faibles pourcentages signifient aussi que 28 % n’ont pas confiance en la haute direction, en hausse par rapport à 21 % en 2022 et 17 % en 2020.
  • 34 % des fonctionnaires fédéraux estiment que la haute direction ne prend pas de décisions efficaces et opportunes, et moins de la moitié (47 %) pensent le contraire.
  • 34 % affirment également que l’information essentielle ne circule pas efficacement de la haute direction vers le personnel, une hausse de 10 points par rapport à 24 % en 2020. Moins de la moitié, soit 49 %, jugent que l’information circule efficacement, une baisse de 12 points.
  • 1 fonctionnaire sur 5 (20 %) affirme que les cadres supérieurs ne donnent pas l’exemple en matière de comportement éthique, contre 15 % en 2022 et 13 % en 2020. À l’inverse, 64 % estiment que la haute direction montre l’exemple, en baisse par rapport à 73 % en 2020.

Le mauvais : technologie peu fiable

Nous sommes en 2025 et la pression s’accentue pour optimiser les opérations gouvernementales et intégrer l’IA dans les flux de travail.

Dans ce contexte, un constat est préoccupant : 56 % des fonctionnaires fédéraux déclarent que la technologie peu fiable nuit à la qualité de leur travail : toujours (8 %), souvent (16 %), parfois (32 %).

Si l’innovation est un avantage évident, 1 fonctionnaire fédéral sur 5 (21 %) rapporte qu’il ne se sentirait pas soutenu s’il proposait une nouvelle idée, en hausse par rapport à 17 % en 2022 et 14 % en 2020.

Points à retenir pour la communication

  • Le récit du leadership est fragile. Lorsque seulement la moitié des employés estiment que les dirigeants prennent des décisions efficaces et opportunes et que seulement 55 % ont confiance en la haute direction, la réputation des ministères et organismes est déjà en jeu à l’interne. Et il ne s’agit que d’une question de temps avant que cette perception négative interne ne devienne un risque externe.
  • Évaluer l’efficacité de la communication : La perception de l’efficacité de la circulation de l’information entre la haute direction et le personnel est une mesure fondamentale du succès des communications internes. Les données permettent aux équipes des affaires publiques et des relations publiques d’évaluer l’efficacité des canaux et stratégies actuels et de les ajuster au besoin pour que les employés se sentent informés et connectés.
  • La douleur technologique est une vulnérabilité réputationnelle. Des problèmes tels que ceux liés au système de paie Phénix en sont une illustration claire.
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Quelques enseignements en communication dans le secteur privé

  • Établir un benchmark de la santé des communications internes. Si la plus grande bureaucratie du Canada éprouve des difficultés avec la circulation verticale de l’information (34 % estiment qu’elle ne circule pas bien), il y a de fortes chances que votre entreprise matricielle en fasse autant.
  • Investir dans la visibilité des gestionnaires. Les gestionnaires intermédiaires sont le pivot de la confiance; outillez-les avec des guides narratifs et des incitatifs comportementaux.
  • Faire de la fiabilité technologique une composante de la voix de marque. Les employés — et les clients — font rarement la distinction entre l’expérience opérationnelle et la réputation.

Conclusion

Le SAFF 2024 nous rappelle que la perception interne est une réalité externe en devenir. Que vous rédigiez les lignes médias d’un ministre, que vous gériez des coalitions de parties prenantes ou que vous accompagniez une banque dans un changement de politique, transformez ces constats en actions adaptées à votre réalité.

À propos du sondage

  • Réalisation : Statistique Canada en partenariat avec le Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada
  • Période : du 28 octobre au 31 décembre 2024
  • Portée : 93 ministères et organismes fédéraux
  • Répondants : près de 187 000 personnes

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