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Le Canada doit-il s’inquiéter d’un retrait soudain des fonds spéculatifs de la dette publique?

Lorsqu’une étude de la Banque du Canada a voulu illustrer comment les flux pouvaient perturber les marchés obligataires, elle a choisi un exemple parlant : un fonds spéculatif vendant soudainement de la dette publique canadienne. Ce choix n’était pas anodin.

Au cours des 15 dernières années, les fonds spéculatifs internationaux sont devenus des acteurs de plus en plus importants dans les adjudications d’obligations du gouvernement du Canada, représentant désormais jusqu’à 40 % de certaines nouvelles émissions à certaines maturités — contre zéro auparavant. Mais cette évolution en masque une autre : la capacité de bilan en liquidités et en pensions livrées (repo) des courtiers a eu du mal à suivre le rythme de l’augmentation de l’endettement. Ce défi de capacité a contribué à une dépendance accrue envers les hedge funds.

Il y a un aspect positif à cette tendance : la montée en puissance des fonds spéculatifs dans les adjudications a contribué à maintenir les coûts d’emprunt à un niveau bas grâce à des enchères compétitives, améliorant ainsi la liquidité du marché.

L’inconvénient réside dans la vulnérabilité accrue liée au fait que la plupart de ces hedge funds sont des acteurs internationaux susceptibles de se retirer rapidement lorsque les conditions changent : « sans engagement organique envers le marché canadien, ils pourraient être plus enclins à se retirer lors d’un épisode de tension propre au Canada », ont noté les chercheurs de la Banque du Canada.

Avec le Bureau du directeur parlementaire du budget (DPB) estimant les coûts du service de la dette fédérale à 53,5 milliards $ pour 2024-2025, même de petites variations des coûts d’emprunt peuvent avoir des impacts considérables.

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Source : Moniteur financier du DPB

EPC = chiffrage des propositions électorales 2025 ; FES = Énoncé économique de l’automne

Les travaux de recherche de la banque centrale montrent que si des investisseurs détenant seulement 1 % de la dette publique totale vendaient soudainement leurs positions, cela pourrait faire baisser les prix des obligations de 0,2 % sur trois mois. Cela correspond au prix moyen des obligations fédérales à 10 ans sur un trimestre.

L’histoire a montré à quelle vitesse les hedge funds peuvent liquider d’importantes positions. Comme Reuters l’a rapporté en avril de cette année, les fonds spéculatifs ont joué un rôle central dans la vente massive de bons du Trésor américain qui a suivi l’annonce par le président Donald Trump de tarifs de plus de 100 % sur la Chine.

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Source image : Note analytique du personnel de la Banque du Canada : The impact of trading flows on Government of Canada bond prices

Au Canada, les non-résidents — y compris les banques centrales étrangères, les fonds souverains et les fonds spéculatifs — détenaient 48,2 % des obligations fédérales disponibles sur les marchés publics au premier trimestre de cette année. En combinant non-résidents et fonds de pension canadiens, cette part atteignait 62 %. Les fonds communs de placement, les assureurs et les banques domestiques n’en détenaient que 20 %.

Cette concentration signifie que les coûts d’emprunt du Canada sont de plus en plus déterminés par des investisseurs internationaux qui ont peu d’ancrage structurel dans le marché canadien.

Même si un retrait soudain des hedge funds survenait, la « persistance des flux » compterait, car les acteurs de marché sont généralement « plus enclins à absorber des déséquilibres temporaires, sachant qu’ils vont rapidement s’inverser».

Après tout, la volatilité à court terme fait partie intégrante de la vie des marchés financiers. Mais à une époque où la sécurité économique s’entrelace de plus en plus avec la sécurité nationale, la forte dépendance au capital international pour financer la dette du pays constitue une vulnérabilité qu’il vaut la peine de surveiller de près.

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