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Est-ce la fin des sites web d’information

L’édition 2026 du Reuters Institute Digital News Report, publiée récemment, révèle une transformation fondamentale de la manière dont le monde consomme l’information. Alors que nous évoluons dans une période de « précarité » mondiale, les voies traditionnelles reliant les journalistes au public deviennent moins directes et plus fragmentées.

Voici ce que les plus récentes données nous apprennent sur l’avenir de l’information et sur la façon dont le Canada se distingue.

La grande « plateformisation »

Pour la première fois, les réseaux sociaux et les plateformes vidéo ont dépassé les sites web et applications d’information comme principale source d’information à l’échelle mondiale (54 % contre 51 %). Ce changement touche tous les groupes d’âge, ce qui indique que la consommation d’information devient moins intentionnelle et davantage « incidente », les utilisateurs tombant souvent sur l’actualité alors qu’ils sont en ligne pour d’autres raisons.

De plus, alors que la consommation de vidéos d’information en ligne a atteint 77 % à l’échelle mondiale, cette croissance se produit presque entièrement sur des plateformes tierces comme TikTok, Instagram et YouTube. Fait préoccupant pour les médias traditionnels, la consommation de vidéos sur leurs propres sites web et applications de marque a en réalité reculé de 5 points de pourcentage cette année.

L’essor de la salle de rédaction « centrée sur la personnalité »

Les publics se tournent de plus en plus vers les créateurs de contenu d’information indépendants et les influenceurs, qui rejoignent désormais 27 % de la population mondiale chaque semaine. Pourquoi ce changement?

  • Proximité : Les publics trouvent les créateurs plus divertissants et plus faciles à comprendre que les médias d’information traditionnels.
  • Authenticité : Pour plusieurs, un visage auquel ils peuvent s’identifier est préférable au format plus formel de « quelqu’un en complet derrière un bureau ».
  • Expertise de niche : Bien que les médias institutionnels soient valorisés pour leur impartialité, les créateurs sont souvent reconnus pour approfondir certains sujets davantage que les médias généralistes ne peuvent le faire.

Le Canada : une exception mondiale axée sur les valeurs

Bien que les tendances mondiales soient relativement uniformes, le Canada présente un profil particulier, notamment dans la façon dont ses citoyens choisissent de soutenir financièrement le journalisme.

  • Motivation sociale et fondée sur les valeurs
    Le Canada se situe à l’opposé du « spectre des motivations » par rapport à des pays comme la Finlande. Alors que les Finlandais paient principalement pour les nouvelles en raison de leur utilité directe, 63 % des Canadiens qui paient pour l’information invoquent une motivation sociale ou fondée sur les valeurs, comme le soutien au journalisme parce qu’il est important pour la société.
  • Chef de file du soutien ponctuel
    Le Canada affiche la plus forte proportion de répondants au monde qui font des dons à des services d’information (19 %) ainsi que la plus forte proportion de ceux qui effectuent des paiements uniques et ponctuels pour accéder à l’information (24 %).
  • Des « amateurs d’information » résilients
    Dans plusieurs marchés, le segment des personnes très engagées envers l’actualité est en recul. Au Canada, toutefois, ce groupe central demeure stable à 23 % de la population, démontrant une remarquable résilience malgré une confiance envers les médias qui a atteint un creux historique de 37 %.
  • Une scène de créateurs « importée »
    Comme l’écosystème canadien des créateurs de contenu d’information est encore en développement, les audiences s’appuient largement sur des personnalités internationales « importées», comme Joe Rogan ou des animateurs de balados politiques très connus du Royaume-Uni et des États-Unis.

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