Le Canada veut bâtir la confiance envers l’IA avec sa stratégie de l’IA pour tous

Après la vision, la stratégie.

Le gouvernement canadien a présenté jeudi sa stratégie en matière d’intelligence artificielle, avec pour objectif de bâtir la confiance envers l’IA à un moment où celle-ci fait face à un problème de confiance croissant.

Aux États-Unis, plusieurs discours de remise des diplômes ont récemment été hués en raison de commentaires sur l’IA. Voici quelques exemples de propos qui ont suscité des réactions négatives chez des étudiants d’universités américaines :

  • Glauria Caulfield, vice-présidente des alliances stratégiques chez Tavistock Development Company : «L’intelligence artificielle est la prochaine révolution industrielle. »
  • Eric Schmidt, ancien chef de la direction de Google : « La question est de savoir si vous contribuerez à façonner l’intelligence artificielle. »
  • Scott Borchetta, chef de la direction de Big Machine Records : « L’IA est en train de réécrire la production pendant que nous sommes assis ici. »

Il ne s’agit pas d’anecdotes. L’étude Ipsos AI Monitor 2026, publiée cette semaine, affirme ce que chacun peut observer dans sa vie quotidienne : « Les opinions à l’égard de l’IA n’évoluent pas aussi rapidement que la technologie elle-même.»

Ipsos Global Trends montre une baisse de confiance à long terme envers les institutions ainsi qu’un sentiment généralisé selon lequel les dirigeants d’entreprise ne disent pas la vérité. – Ipsos

Sans compter la quantité considérable d’énergie requise par les centres de données, ce qui soulève des questions tant sur l’environnement que sur les coûts de l’énergie.

Les Canadiens parmi les plus sceptiques à l’égard de l’IA

Même si le Canada compte des chercheurs de calibre mondial, les Canadiens sont plus réticents à adopter l’IA.

Les Canadiens ne font pas confiance aux entreprises qui utilisent l’IA pour protéger leurs données personnelles : seulement 27 % d’entre eux disent leur faire confiance, ce qui place le Canada à l’avant-dernier rang (la France arrive dernière avec 26 % parmi 32 pays). Quant aux bénéfices potentiels de l’IA pour la société, aucun pays n’est moins convaincu que le Canada que ces avantages surpassent les coûts environnementaux.

Les Canadiens s’attendent également à ce que l’IA fasse preuve de discrimination. Seule la Suède obtient un résultat pire.

Le Canada se retrouve au bas du classement lorsque les répondants sont interrogés sur les produits et services utilisant l’intelligence artificielle : 34 % des Canadiens estiment que leurs avantages surpassent leurs inconvénients, derrière l’Allemagne (37 %), les Pays-Bas (38 %), les États-Unis (38 %) et la France (38 %). La Chine arrive en tête avec 85 %.

En plus d’avoir la population la moins enthousiaste à l’égard des produits et services utilisant l’IA, le Canada est le pays où la population se dit la plus nerveuse, suivi de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande et des États-Unis. Israël et le Japon sont les moins nerveux.

En fait, seulement 42 % des Canadiens s’attendent à ce que l’IA transforme leur façon de travailler d’ici cinq ans.

Les populations des autres pays du G7 affichent également davantage de préoccupations que la moyenne mondiale.

Alors que les entreprises mettent de l’avant les gains d’efficacité que l’IA peut procurer, les citoyens parlent plutôt de sécurité d’emploi, d’équité et de protection de la vie privée. Il existe clairement un décalage dans le récit.

Dans ce contexte, le gouvernement canadien mise sur la carte de la confiance avec sa stratégie d’IA « pro-travailleurs ».

L’intelligence artificielle pour tous : la vision

ommençons par la vision.

Dans sa mise à jour économique du printemps publiée en mai, le gouvernement canadien a présenté sa vision de « L’IA pour tous », qui vise trois objectifs :

  • Créer des possibilités économiques
  • Renforcer les services publics
  • Améliorer la qualité de vie
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L’intelligence artificielle pour tous : une stratégie pro-travailleurs ?

Le 4 juin 2026, le gouvernement a présenté sa très attendue stratégie sur l’IA, qui vise notamment à accroître l’adoption de l’IA par les entreprises, créer des emplois, soutenir l’éducation et générer 200 milliards de dollars de gains au PIB.

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Source: Y Perspective, Gouvernement du Canada

Le gouvernement investira 500 millions de dollars pour créer un Fonds canadien de croissance technologique afin de fournir du capital de croissance à des entreprises d’IA jugées prometteuses.

Le gouvernement prévoit également de tirer parti des 1,75 milliard de dollars d’investissements et d’engagements fédéraux annoncés dans le budget de 2025 afin de stimuler les investissements du secteur privé dans le capital de risque.

Jusqu’à présent, les réactions à la nouvelle stratégie canadienne sur l’IA ont été mitigées : le milieu des affaires et certaines voix du secteur technologique ont salué son orientation générale, tandis que les partis d’opposition, les syndicats ainsi que plusieurs observateurs des politiques publiques et des médias estiment qu’elle manque de précisions sur les questions de sécurité, de protection de la vie privée, d’emploi et de droit d’auteur.

Pour le journaliste de La Presse Alain McKenna, la stratégie est « ambitieuse sur la forme, mais modeste sur le fond ».

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