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Quelle est la résilience des finances des ménages canadiens face à la volatilité des marchés?

Avec la montée des discussions autour d’une bulle de l’IA et des inquiétudes croissantes concernant la dette technologique, dans quelle mesure les ménages canadiens seraient-ils exposés si une bulle éclatait, et à quel point leur bilan est-il résilient?

Statistique Canada estime que:

À la fin du deuxième trimestre, 71,6 % de l’ensemble des titres étrangers détenus par les investisseurs canadiens ont pris la forme d’instruments américains.

Les investisseurs canadiens ont ajouté 12,5 milliards de dollars canadiens en actions étrangères à leurs portefeuilles en septembre, dont 10,5 milliards (84 %) en actions américaines. Il s’agit du cinquième mois consécutif d’acquisitions d’actions américaines. Depuis le début de l’année, les investisseurs canadiens ont acquis des actions américaines sept mois sur neuf. Les investissements dans les actions américaines ont totalisé 29,0 milliards de dollars canadiens au troisième trimestre.

Au total, la valeur marchande des avoirs étrangers détenus par les Canadiens atteignait 4 232 milliards de dollars canadiens à la fin du T2 2025, dont 3 195 milliards en actions étrangères et 1,0 billion en titres de créance étrangers.0 trillion in foreign debt securities.

Comment la richesse des ménages canadiens est-elle répartie ?

Au T2 2025, les ménages canadiens détenaient environ 11 225 milliards de dollars en actifs financiers, en hausse de 2,7% par rapport au trimestre précédent, « les marchés boursiers s’étant montrés résilients malgré l’incertitude entourant la politique commerciale et une volatilité accrue », selon Statistique Canada. Le S&P 500 a progressé de 10,6% au deuxième trimestre et le S&P/TSX de 7,8 %, tandis que la valeur de l’immobilier résidentiel a reculé de 3,3 milliards de dollars.

Globalement, les actifs financiers représentaient près de 63 % de la richesse nette au T2 2025 et plus de 53 % du total des actifs d’environ 21 000 milliards de dollars canadiens.

Les ménages ont acquis un montant net de 28,5 milliards de dollars en parts de fonds communs de placement et Statistique Canada rapporte également:

Les ménages ont ajouté à leurs actifs 10,7 milliards de dollars en devises et dépôts canadiens au deuxième trimestre, ce qui représente la plus faible accumulation depuis le premier trimestre de 2021.

Du côté du passif, principalement les dettes hypothécaires et non hypothécaires, l’augmentation a été de 1,5 %, soit 46,7 milliards de dollars canadiens.

Avertissements concernant une bulle de l’IA

Avec une telle exposition aux marchés américains, les Canadiens et l’économie canadienne peuvent-ils absorber une forte correction?

Le rythme des méga-investissements en IA par rapport aux revenus de l’IA alimente les craintes d’une bulle potentielle. Morningstar estime que les grandes entreprises technologiques prévoient d’investir 5,2 billions de dollars américains sur cinq ans:

Bien que les marchés aient jusqu’ici récompensé ces dépenses, l’analyse historique révèle un schéma préoccupant: les booms d’infrastructures mènent souvent à un surinvestissement, une concurrence excessive et de faibles rendements boursiers.

Même le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, a commenté les montants astronomiques investis dans l’IA, soulignant que « si un changement de sentiment sur les retombées attendues devait survenir, une forte réévaluation à la baisse pourrait se produire ».

Depuis, NVIDIA a publié des résultats exceptionnels. Mais même ceux-ci n’ont pas suffi à rassurer les marchés, l’action retombant après une hausse initiale suivant des bénéfices spectaculaires.

Business Insider a même rapporté que le PDG Jensen Huang aurait déclaré lors d’une réunion interne que NVIDIA se trouvait dans une situation impossible :

Si nous livrons un mauvais trimestre, c’est la preuve qu’il y a une bulle de l’IA. Si nous livrons un excellent trimestre, nous alimentons la bulle de l’IA.

Ces avertissements surviennent dans un contexte de croissance canadienne faible: la Banque du Canada prévoit une croissance moyenne du PIB domestique de 0,75 % au second semestre de cette année et son Enquête sur les perspectives des entreprises révèle que 33 % des entreprises se préparent à une récession, contre 28 % au deuxième trimestre. Le taux de chômage avoisine actuellement 7 %.

Risques provenant des marchés obligataires

Mais les marchés boursiers ne sont pas la seule source de risque. Ce commentaire du gestionnaire de fonds Vontobel rappelle que le risque ne se situe pas uniquement sur les marchés d’actions:

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Vontobel prévoit davantage de défauts d’entreprises dans les mois à venir, « même si nous nous attendons à ce qu’ils restent des cas isolés, compte tenu de la bonne santé générale des fondamentaux du marché », indique le commentaire.

Vontobel réagissait à des commentaires précédents du PDG de JP Morgan Chase, Jamie Dimon:

Quand vous voyez un cafard, il y en a probablement d’autres. Tout le monde devrait être averti.

Dimon faisait référence à la faillite du prêteur automobile subprime Tricolor Holdings, laissant entendre un potentiel de contagion sur le marché du crédit.

Les analyses de la Banque du Canada

Des documents de recherche de la Banque du Canada montrent que le rôle des fonds spéculatifs dans les adjudications constitue une source de vulnérabilité.

Une note analytique du personnel de la BdC, qui analyse les tendances selon les groupes démographiques en combinant les données du Canadian Financial Monitor (CFM) d’Ipsos et de l’Enquête sur la sécurité financière (ESF), observe également que :

Près des deux tiers de la richesse des ménages se trouvent dans des titres négociables — y compris les actions, obligations, FNB et fonds communs — qui sont exposés au risque de revalorisation.

Voici un autre constat important:

Environ 77 % des ménages ayant une hypothèque pourraient couvrir leurs paiements pendant au moins 12 mois en utilisant l’ensemble de leurs actifs financiers, et environ 64 % pourraient le faire en utilisant uniquement leurs actifs liquides.

Les actifs liquides incluent les obligations et fonds communs détenus dans des comptes accessibles sans pénalités complexes et lourdes.

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Source: Banque du Canada

Un autre document du personnel de la Banque du Canada note que « la présence croissante des FMM (fonds du marché monétaire) sur les marchés des bons du Trésor du gouvernement du Canada et du papier commercial suggère que la liquidité de ces marchés de financement à court terme pourrait être vulnérable à l’activité de négociation des FMM, particulièrement dans des scénarios où les FMM vendraient ces actifs pour répondre à des retraits ».

Pour l’instant, la banque centrale souligne que les vulnérabilités des FMM ne « soulèvent pas de préoccupations importantes pour la stabilité financière » au Canada en raison de leur petite taille relative: 3 % du secteur canadien des fonds communs. Pourtant, ils détiennent 5 % des bons du Trésor du gouvernement du Canada et 11 % du papier commercial non gouvernemental. « Leur présence relativement importante dans ces marchés suggère que les FMM pourraient avoir un impact significatif sur les conditions de liquidité », indique le document.

Mais le Canada a un avantage: une part plus importante d’investisseurs particuliers par rapport à d’autres pays où les investisseurs institutionnels jouent un rôle dominant. Cela pourrait expliquer la stabilité relative des FMM canadiens durant la turbulence des marchés en mars 2020.

Comme les investisseurs institutionnels « peuvent liquider rapidement leurs positions dans les FMM en cas de besoin soudain de liquidités », la présence d’investisseurs ayant un « comportement plus stable » peut apporter de la stabilité.

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