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Fragmentation de la collaboration ESG : quel rôle pour l’intendance et comment les gestionnaires d’actifs doivent-ils adapter leur communication?

Les sorties de gestionnaires d’actifs d’initiatives menées par des investisseurs, comme la Net Zero Asset Managers Initiative (NZAM) et Climate Action 100+, ont fragmenté la collaboration et créé un déficit de transparence.

Parmi les arguments invoqués pour justifier ces départs figurent les pressions et évolutions juridiques et réglementaires, les attentes changeantes des clients, le devoir fiduciaire et la gestion des risques, la flexibilité, l’engagement centré sur les clients ainsi que la préservation de l’indépendance. La NZAM a même suspendu ses activités en janvier 2025 après le départ de BlackRock de la coalition.

Depuis, les gestionnaires d’actifs signataires ont poursuivi leurs démarches climatiques de manière indépendante et ont reformulé leurs communications ESG.

En l’absence de collaboration formelle, comment les gestionnaires d’actifs peuvent-ils maintenir leur influence et communiquer à ce sujet?

Capacités internes pour l’intendance

Une nouvelle enquête sur l’investissement durable menée par le cabinet britannique ISIO (conseiller en retraites) montre que l’importance de l’intendance (stewardship) s’est accrue, avec un renforcement des équipes internes dédiées. Mettre en avant cette montée en capacité illustre un engagement interne solide envers les principes ESG, même lorsque les efforts collaboratifs externes se fragmentent.

Défi des priorités explicites en matière d’intendance

L’enquête ISIO révèle que, si les entreprises ont bien des priorités, leur explicitation ou leur alignement avec les activités d’engagement demeure un défi.

Énoncer clairement ces priorités permet de mieux communiquer et de montrer comment les actions d’engagement sont stratégiquement alignées pour générer des changements sur des enjeux systémiques majeurs.

Contraintes juridiques et réglementaires

Les défis juridiques, en particulier aux États-Unis autour de la diversité, l’équité et l’inclusion (DEI), ont restreint les activités d’engagement ESG des gestionnaires exposés au marché américain, selon ISIO.

Expliquer comment une organisation navigue dans ces contraintes tout en cherchant à maintenir son influence et à atteindre ses objectifs ESG grâce à des approches alternatives ou adaptées aide à gérer les attentes des clients et démontre une réponse proactive aux évolutions réglementaires.

Demande de transparence et défis liés au reporting

La demande de transparence augmente, posant la question du suivi et du reporting des indicateurs de durabilité.

Sur ce point, l’enquête montre que le reporting des indicateurs sociaux et liés à la nature accuse un retard.

Les organisations qui détaillent les mesures mises en place pour combler ces lacunes de données renforcent leur transparence.

Qualité et couverture des données ESG

L’enquête ISIO souligne que le manque de qualité et de couverture des données ESG reste un défi, particulièrement marqué sur les marchés privés et certaines classes d’actifs de crédit comme les titres adossés à des actifs (asset-backed securities).

Être transparent sur ces limites dans les communications contribue à instaurer la confiance et à démontrer une approche réaliste mais engagée en faveur de l’amélioration de la collecte et de l’intégration des données, élément crucial pour un reporting robuste et une intendance efficace.

Étiquetage des produits et intégration plus large de l’ESG

Des réglementations plus strictes contre le greenwashing et des exigences complexes en matière d’étiquetage impactent directement les communications sur l’offre de produits. L’enquête ISIO souligne que certains gestionnaires choisissent de « renoncer aux labels formels au profit d’une intégration plus large de l’ESG ».

En Europe, où les fonds durables représentent 19 % de l’univers des fonds, un record de 600 fonds ont été renommés au deuxième trimestre pour se conformer aux nouvelles réglementations.

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Source: Morningstar Sustainalytics

Votre stratégie de communication peut clairement expliquer votre approche, qu’il s’agisse d’utiliser des labels spécifiques pour vos produits ou d’intégrer l’ESG de manière approfondie à l’échelle de l’entreprise, afin de garantir que les clients comprennent pleinement l’étendue de votre engagement en matière d’investissement durable.

Réaffirmer la valeur de la collaboration

Malgré les récents départs d’initiatives de premier plan, vous pouvez continuer à communiquer sur votre engagement envers une collaboration efficace en tant qu’« outil puissant de changement » et « meilleure pratique ».

« Une collaboration efficace offre une plateforme permettant de déployer l’échelle et l’influence nécessaires pour générer un changement positif et constitue une meilleure pratique. »

Tout en reconnaissant les pressions juridiques qui influencent la participation, votre organisation peut mettre en avant la manière dont elle recherche des voies d’influence collective lorsque cela est possible et pertinent, même à travers d’autres formes d’engagement ou des consortiums plus petits et ciblés.

En adoptant ces stratégies de communication, vous pouvez offrir de la clarté, renforcer la confiance et démontrer votre engagement envers l’investissement durable, même dans un environnement complexe et en constante évolution.

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