Comment le ‘branding’ vert de la Chine gagne du terrain dans les guerres narratives

  • La gouvernance climatique nord-américaine s’affaiblit.
  • La stabilisation des émissions chinoises renforce sa crédibilité.
  • La Chine mène l’expansion mondiale des énergies propres.
  • L’image internationale de la Chine s’améliore.

La gouvernance climatique nord-américaine s’affaiblit

Quand le New York Times a titré un article « China’s Green triumph » (Le triomphe vert de la Chine), j’ai compris que le récit écologique chinois gagnait en influence.

Alors que les États-Unis reculent, « la Chine aide d’autres pays à lutter contre les changements climatiques », écrivait le journal. « C’est un renversement de rôle. »

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Pendant ce temps, la Securities and Exchange Commission américaine vient de faciliter la possibilité pour les entreprises d’écarter les propositions des actionnaires, ce qui touche les propositions ESG et affaiblit un levier de gouvernance important pour influencer les entreprises dans un programme de stewardship.

Au Canada, le Budget 2025, adopté de justesse le 17 novembre, est revenu sur les dispositions anti-écoblanchiment récemment introduites dans la Loi sur la concurrence.

Les modifications à la Loi sur la concurrence comprennent :

  • L’élimination de l’obligation pour les entreprises d’étayer leurs allégations d’avantages environnementaux selon des méthodologies reconnues à l’échelle internationale.
  • Le retrait de la possibilité pour des tiers de déposer directement des plaintes liées à l’écoblanchiment devant le Tribunal de la concurrence.

Le Canada a même reçu le prix satirique du « fossile du jour » à la Conférence des Nations Unies sur le climat au Brésil, décerné par le groupe Climate Action Network International. C’était la première fois depuis plus de dix ans que le pays était ainsi distingué.

Cela ne change évidemment pas le fait que la Chine demeure le plus grand émetteur de gaz à effet de serre au monde, avec 29% des émissions en 2024.

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Source: Climatewatchdata.org

Alors, comment la Chine a-t-elle réussi à transformer la perception mondiale?

Les actions parlent

Lauri Myllyvirta, analyste principal au Centre for Research on Energy and Clean Air et chercheur principal à l’Asia Society Policy Institute, écrivait récemment dans Carbon Brief que les émissions de dioxyde de carbone (CO2) de la Chine étaient inchangées au troisième trimestre 2025 par rapport à l’année précédente, « prolongeant une tendance stable ou à la baisse amorcée en mars 2024 ». Le rapport ajoute :

Même si une hausse ou une baisse de 1% ou moins peut paraître mineure objectivement, elle prend une grande importance symbolique.

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Sans compter que si la Chine est le plus grand émetteur de GES, le Canada et les États-Unis font pire lorsqu’on examine les émissions par habitant.

« Au cours des neuf premiers mois de l’année, la Chine a installé 240 gigawatts (GW) de solaire et 61 GW d’éolien, la plaçant sur la voie d’un nouveau record en 2025 », a indiqué Myllyvirta.

Dès juillet, Global Energy Monitor rapportait que la Chine « menait l’effort mondial en matière d’énergies renouvelables», avec près de 1,3 térawatt (TW) de projets solaires et éoliens à grande échelle en préparation et 510 GW déjà en construction.

La Chine s’est imposée comme leader mondial de l’éolien en mer grâce à un développement rapide et massif.

Le pays représente 29% de tous les projets éoliens et solaires planifiés et près des trois quarts de ceux en construction.

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L’image globale de la Chine s’améliore

Au-delà de son rôle croissant dans les énergies propres, c’est l’image nationale globale de la Chine qui progresse.

À l’été 2024, je préparais une note de réputation sur la perception de la Chine au Canada. La popularité du pays y était alors à un creux historique.

Au printemps 2025, un sondage Pew Research Center révélait qu’à travers 24 pays, même si les États-Unis bénéficiaient encore d’une perception plus favorable que la Chine, l’écart se resserrait, les deux images évoluant dans des directions opposées.

Au Canada, la part de personnes ayant une opinion positive des États-Unis était de 34 pour cent, soit le même niveau que pour la Chine.

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De juillet à septembre, The Economist et GlobeScan ont sondé 32 pays pour mesurer la perception mondiale de la Chine et ont qualifié les résultats de « surprenants ». La perception de la Chine s’est effectivement améliorée :

La préférence pour la Chine comme puissance mondiale principale a augmenté dans tous les pays sondés. Fait étonnant, cela inclut les États-Unis.

La part de personnes favorables à la Chine a grimpé de 11 points pour atteindre une moyenne de 33%. Aux États-Unis, même si le niveau reste faible, à 6 pour cent, il a doublé en un an.

Deux Américains sur cinq estiment désormais que l’influence de la Chine dans le monde est « principalement positive », contre un quart sous le premier mandat de Trump. Cette progression est particulièrement marquée chez les plus jeunes.

Même au Canada, ainsi qu’au Brésil, au Mexique, en Afrique du Sud et en Espagne, les préférences pour la Chine ont bondi de 20 points.

Cette montée doit être comprise à la lumière des « mécontentements » envers les États-Unis, y compris au Canada, un pays pourtant allié de longue date mais désormais menacé d’invasion par son voisin.

Leçons pour les professionnels en communication du gouvernement

  • Il existe réellement une stratégie de marque nationale.
  • Si l’on recule sur les normes, on laisse un vide narratif.
  • La perception mondiale évolue selon la performance relative, non absolue.
  • Les récits changent lorsque les actions sont visibles et constantes.

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Citation

N’Diaye, Yali (2025). “Comment le ‘branding’ vert de la Chine gagne du terrain dans les guerres narratives.” Y Perspective.”

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