La Banque du Canada a fini par réduire le taux directeur de 25 points de base pour le faire passer à 2,25 % en octobre, même si les avis étaient partagés quant au timing de la décision.
Bien que les membres étaient d’accord pour dire qu’il serait nécessaire de baisser le taux directeur, les avis étaient partagés quant au moment approprié pour le faire.
Le résumé des délibérations de la réunion du 29 octobre montre que les membres du Conseil ont discuté de l’opportunité d’attendre davantage d’informations sur l’économie, l’évolution de la politique commerciale des États-Unis et la politique budgétaire du Canada. Au final, les arguments en faveur d’une baisse de taux le 29 octobre ont été jugés « plus convaincants », a déclaré la banque centrale, citant l’offre excédentaire persistante, la faiblesse du marché du travail, les perspectives de croissance timide et l’inflation qui devrait rester proche de la cible de 2 %.

La banque centrale a également souligné qu’avec le taux directeur à la limite inférieure de la fourchette du taux neutre estimée par la Banque – où il a un effet expansionniste – la politique monétaire était « probablement proche de la limite de ce qu’elle pouvait faire pour soutenir l’économie dans les circonstances actuelles».
En effet, l’Enquête auprès des participants au marché du troisième trimestre de la Banque du Canada montre que l’attente médiane pour le taux directeur est de 2,25 % jusqu’au T2 2027, avant une augmentation à 2,50 % au T3 2027. L’enquête auprès d’environ 30 participants au marché montre également que la probabilité que l’économie canadienne soit en récession est la plus élevée (35 %) au cours des six prochains mois.

Source: Banque du Canada
Cela ne signifie pas qu’une baisse de taux est totalement impossible. Alors que les ajustements structurels expliquent la moitié de la révision à la baisse de la trajectoire de croissance de l’économie, l’autre moitié provient d’une demande plus faible, ce qui signifie que « la politique monétaire pourrait jouer un rôle en atténuant le débordement des effets subis par les secteurs durement touchés sur le reste de l’économie ». La banque centrale pourrait aussi donner « une certaine impulsion » pour faciliter l’ajustement économique.
La barre de baisse des taux relevée
Dans l’ensemble, le langage récent de la Banque du Canada a relevé la barre pour une réduction de taux supplémentaire.
La déclaration de politique du 29 octobre indiquait :
Les dommages structurels causés par le conflit commercial en réduisent la capacité et engendrent des coûts supplémentaires. Cela limite le rôle que la politique monétaire peut jouer pour stimuler la demande tout en maintenant l’inflation à un niveau bas.
Le résumé des délibérations a renforcé cette position en indiquant que les changements aux perspectives devraient être importants avant que la Banque n’envisage de faire passer son taux directeur en dessous de 2,25 % actuel.
La prochaine annonce du taux directeur est le 10 décembre.
