J’ai récemment complété le programme Generative AI for Business à la Rotman School of Management de l’Université de Toronto, un programme qui comprenait une section sur la gouvernance de l’IA soulignant l’importance d’approches transversales pour traiter les enjeux et les opportunités.
Et pourtant. L’aspect transversal semble absent.
Où est la fonction de communications?
En octobre 2025, un sondage mené par Leger pour le compte de la Société canadienne des relations publiques a montré que seulement 18 % des professionnels des communications et des relations publiques estimaient avoir un rôle pour aider leur organisation dans l’adoption et la transformation de l’IA au Canada. Un sondage de PwC publié en février 2026 l’a confirmé : 90 % des entreprises — 9 sur 10 — confient l’IA responsable aux TI.
Le sondage de PwC ne mentionnait pas spécifiquement les RP, les communications ou le marketing. La catégorie la plus proche était l’expérience client, à 25 %. Seulement 16 % confient l’IA responsable à l’éthique.

Les ressources suivent la même tendance : les budgets en IA sont principalement attribués aux directeurs technologiques (69 %) et aux directeurs des systèmes d’information (60 %), les directeurs marketing ne recevant que 9%.

PwC l’a formulé clairement : « La gouvernance de l’IA n’est pas uniquement un défi technique — c’est un enjeu de risque d’entreprise, un enjeu juridique, et de plus en plus un enjeu relevant du conseil d’administration. Lorsque l’IA responsable relève uniquement des TI, elle se retrouve cloisonnée, à l’écart des discussions stratégiques où les arbitrages sont faits et les ressources allouées. »
Les professionnels des RP et des communications ont traditionnellement été appelés à éteindre des incendies précisément parce qu’ils possèdent une vision multidimensionnelle de l’organisation et de ses publics. Beaucoup savent en réalité ce qui provoque les incendies — et comment les prévenir. Les exclure des décisions de gouvernance de l’IA signifie que les organisations se privent de la fonction la mieux placée pour anticiper les conséquences réputationnelles, éthiques et pour les parties prenantes avant qu’elles ne s’aggravent.
Puis est arrivé Mythos.
Mythos donne un aperçu de ce qui s’en vient
Le 7 avril, Anthropic a annoncé Claude Mythos Preview, un nouveau modèle d’IA à usage général performant dans l’ensemble, mais dont la capacité la plus remarquable concerne la cybersécurité. Selon Anthropic, il n’est même pas nécessaire d’être un expert en sécurité pour l’utiliser afin de trouver et exploiter des vulnérabilités logicielles sophistiquées.
Les experts sont divisés quant au caractère véritablement transformateur du modèle, mais s’entendent globalement pour dire qu’il représente un progrès significatif. Anthropic elle-même l’a jugé trop conséquent pour une diffusion publique, une décision si inhabituelle qu’elle n’avait pas été prise par un grand développeur d’IA depuis qu’OpenAI avait temporairement retenu GPT-2 en 2019.
À la place, Anthropic a lancé le Project Glasswing : une initiative contrôlée réunissant AWS, Apple, Broadcom, Cisco, CrowdStrike, Google, JPMorgan Chase, la Linux Foundation, Microsoft, NVIDIA et Palo Alto Networks, ainsi que plus de 40 autres organisations qui développent ou maintiennent des infrastructures logicielles critiques. L’objectif est d’utiliser Mythos de manière défensive, en analysant et en sécurisant les systèmes avant que des acteurs malveillants n’exploitent les mêmes capacités.
Les dimensions de sécurité, d’éthique, de réputation et de gouvernance de cette réalité dépassent largement les TI.
Une place à la table, avant que l’incendie ne commence
Un rôle proactif à la table des décisions stratégiques concernant l’IA
Mythos preview illustre quelque chose qui ne fera que se généraliser : des décisions liées à l’IA de nature technique, mais aux conséquences organisationnelles et sociétales. Les décisions concernant la diversité des données, les biais des résultats, les personnes à impliquer et la manière de communiquer les risques ne sont pas des décisions TI. Ce sont des décisions de gouvernance, et les professionnels des communications sont particulièrement bien placés pour y contribuer, compte tenu du caractère transversal de leur fonction et de leur capacité à comprendre de multiples perspectives et à faire émerger les angles morts.
Cependant, les sondages suggèrent que les fonctions non TI, y compris les RP et les communications, ne sont probablement pas prêtes pour ce qui s’en vient. Être prêt implique de comprendre les capacités, la vision et la stratégie en matière d’IA d’une organisation, ainsi que ses enjeux d’éthique, ses biais, son exposition réputationnelle, son environnement juridique et son écosystème de parties prenantes : toutes des dimensions que les données de PwC montrent comme étant actuellement laissées de côté.
Pour favoriser une implication en amont, les professionnels des communications peuvent démontrer comment leurs compétences, comme l’analyse des parties prenantes, le développement de narratifs et la communication des risques, permettent de détecter les enjeux réputationnels avant qu’ils ne prennent de l’ampleur. Ils devraient partager des observations sur des situations où des lacunes en communication pourraient affecter la confiance ou la conformité. En initiant des échanges avec les équipes TI, juridiques et de direction, et en proposant des évaluations des risques de communication lors de la planification de l’IA, les leaders des communications peuvent démontrer pourquoi leur rôle est essentiel à une adoption responsable de l’IA.
To support early involvement, communications professionals can show how their skills, like stakeholder analysis, narrative development, and risk communication, help spot reputational issues before they grow. They should share insights on situations where communication gaps could affect trust or compliance. By starting conversations with IT, legal, and executive teams, and suggesting communication risk assessments during AI planning, communications leaders can show why their role is essential in responsible AI adoption.
